Pourquoi l’année commence-t-elle le 1er Janvier ?

La tradition occidentale veut que nous changions d’année tous les 1er Janvier. Cette coutume est si fortement ancrée dans nos habitudes que nous avons l’impression qu’il en a toujours été ainsi. L’Histoire réserve parfois d’étranges surprises. En voici une de taille : il y a des siècles, le premier jour du mois de Janvier ne représentait rien de plus que les autres dates du calendrier : ce n’est pas à cette période que l’on passait d’une année à l’autre.

A l’époque de l’Antiquité, les Romains procédaient comme nous : le 1er Janvier marquait le début de l’année et toutes les populations de l’empire s’appliquaient à respecter cette tradition. Au début du Moyen- Age, l’Eglise estimant que cette pratique rappelait un peu trop les rites païens qui étaient ceux de la civilisation des Césars, imposa à travers l’Occident chrétien que l’année commencerait dorénavant le 25 Mars. Ce jour ne fut pas choisi au hasard : il rappelle un évènement très important de la Bible : l’annonciation faîte à Marie par un ange qu’elle aurait un fils, le futur Jésus-Christ, neuf mois plus tard.

Les Carolingiens modifièrent à leur tour les choses. Les souverains de la dynastie choisirent de déplacer le jour de l’an au 25 Décembre, date de la venue au monde du Christ. Par rapport à nos habitudes, il n’y avait qu’une petite semaine d’écart.
Puis, au XI° siècle, sous les Capétiens, les populations firent peu à peu du jour de Pâques le moment où commençait l’année. Pendant de nombreux siècles, le printemps marqua donc le passage d’un millésime à un autre.

Mais Pâques est une fête mobile : c’est-à-dire qu’elle ne tombe pas, d’une fois sur l’autre, à la même date. Certaines années, Pâques est célébrée le 21 Mars. D’autres fois, il faut attendre le 26 Avril. Faire de ce jour très important du calendrier chrétien le commencement des douze mois qui vont s’écouler revient à admettre que le début d’une année n’est pas fêté au même moment que la précédente. Ce qui complique considérablement les choses quand il s’agit de se situer dans le temps.

Les hommes d’autrefois aimaient-ils les situations compliquées ? Nous pourrions presque le croire si nous songeons un instant que toutes les régions du royaume ne respectaient pas les mêmes usages. En certains endroits, les populations conservaient l’ancienne tradition de changer d’année le 25 Décembre tandis que d’autres attendaient Pâques. Au fil des siècles, les choses avaient fini par devenir totalement confuses et incohérentes : les Français n’entamaient jamais l’année au même moment selon les provinces où ils vivaient.

C’est le roi Charles IX qui mit un terme salutaire à une réalité très embrouillée. Un édit de 1565 décida en effet qu’à partir de cette date, l’année commencerait pour tout le monde, quels que soient les lieux, le 1er Janvier. Il fallut bien sûr un peu de temps pour que chacun s’habitue au nouvel usage. Mais à la fin du XVI° siècle, les sujets s’étaient pliés à la décision de leur souverain. Et nous continuons, aujourd’hui encore, à le faire. A quand le prochain changement ?