Se préparer à un contrôle sur les transformations industrielles du XIX° siècle.


SOMMAIRE

I. Le résumé du chapitre.

II. Pour tester ses connaissances.

III. Quelques exemples de sujets.

IV. Le regard d’un contemporain.


 

I. LE RESUME DU CHAPITRE.

1°) Une nouvelle manière de travailler.

Vers le milieu du XIX° siècle, des innovations techniques importantes transforment le travail des sociétés européennes. D’ingénieuses découvertes permettent l’apparition de machines utilisant la force de la vapeur. Leur fonctionnement complexe nécessite la présence de plusieurs personnes spécialisées. Les volumes de la production industrielle augmentent.

Par le passé, les artisans gagnaient leur vie à domicile. Vers 1820, les premières usines rassemblent les milliers d’ouvriers dont l’activité essentielle consiste à s’assurer de la bonne marche de machines qui ne leur appartiennent pas.

2°) Les changements de l’économie européenne.

Les transformations industrielles modifient les données économiques du continent. Dans les campagnes, l’utilisation fréquente des machines agricoles entraine la croissance des récoltes et le recul des famines meurtrières. L’entretien des champs n’exige plus autant de paysans qu’autrefois : beaucoup d’entre eux, mis au chômage, partent pour les grandes villes européennes et trouvent à se faire embaucher dans les usines. Les flux de l’exode rural, particulièrement puissants au cours du siècle, sont à l’origine d’un phénomène nouveau : l’urbanisation rapide des régions les plus dynamiques d’Occident.

L’époque est aussi celle du capitalisme, une manière inédite pour les plus entreprenants de s’enrichir. La construction de bâtiments, l’achat de matériel réclament à la bourgeoisie beaucoup d’argent. D’ambitieuses personnes se regroupent et investissent des sommes parfois considérables dans des sociétés. En contrepartie, chacune reçoit une ou plusieurs actions, un contrat garantissant le remboursement du prêt et le versement d’une part des bénéfices réalisés. Une action peut être vendue ou achetée comme n’importe quel bien de consommation. La bourse est le cadre dans lequel s’effectuent les transactions.

3°) les transformations industrielles conduisent à de profondes inégalités sociales.

La bourgeoisie profite du dynamisme économique européen pour s’enrichir : la maîtrise du capitalisme permet à quelques grandes familles de réunir entre leurs mains prestige social et pouvoirs financiers.

Les plus fortunés vivent dans un luxe que les peintres du XIX° siècle ont su rendre à travers leurs toiles (Intérieurs cossus et décorés avec soin) et partagent leur existence entre les loisirs (Soirées, réceptions, dîners, théâtre...) et les longues journées du bureau d’où l’on prend les décisions nécessaires à la direction de l’usine.

Les pères ne manquent jamais de rappeler aux plus jeunes la valeur sur laquelle ils bâtissent leur réussite professionnelle et sociale : le travail laborieux et méthodique du quotidien.

A cette opulence, parfois scandaleuse, s’oppose l’affreuse misère du monde ouvrier. Des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants vivent dans des conditions dramatiques. Mal payées, exploitées par le patron, humiliées par le contremaître, les masses du prolétariat occupent les tristes logements des quartiers populaires des villes européennes. Les plus faibles ne survivent pas aux épidémies de tuberculose ou de choléra que le manque d’hygiène provoque habituellement. D’autres, en proie au désespoir, à la colère, sombrent dans l’alcoolisme.

4°) Les ouvriers s’organisent et se défendent.

Au cours du XIX° siècle, les ouvriers prennent l’habitude de se réunir pour protéger plus efficacement leurs intérêts. Dans les usines, ils forment des associations, les syndicats, élus par les salariés pour dialoguer avec le patron.

En France, l’un des syndicats les plus puissants est la CGT, fondée en 1895. L’organisation lutte pour obtenir une amélioration des conditions de travail : revalorisation des paies, diminution de la journée de labeur, limitation des amendes.....

Sur le terrain politique, des hommes soucieux des misères du prolétariat animent les premiers partis socialistes. Certains obtiennent des sièges dans les assemblées législatives des vieilles démocraties et font voter des lois favorables aux plus démunis.

Néanmoins, un théoricien allemand, Karl Marx, estime que les Socialistes ne mènent pas une action efficace et propose l’utilisation de moyens plus radicaux pour supprimer les inégalités qu’il dénonce. Il imagine un immense mouvement révolutionnaire qui réunirait dans un même combat les ouvriers européens, conduirait à la disparition définitive du monde bourgeois et supprimerait le principe de la propriété privée.

Dans l’une de ses œuvres, Le Manifeste du Parti Communiste, le philosophe expose toutes les idées politiques que reprendront certains régimes du XX° siècle à travers le monde.

5°) Le Romantisme, produit des changements sociaux du XIX° siècle.

Les artistes et les penseurs portent sur la société industrielle du XIX° siècle un regard très sombre. Un nouveau mouvement intellectuel parcourt les domaines littéraires et picturaux : le romantisme. Peintres et écrivains exposent dans leurs œuvres les souffrances et les malaises qu’ils éprouvent à la vue des misères du monde ouvrier. Certains s’évadent dans l’imaginaire : récits d’histoires dont les personnages évoluent à l’époque de l’Antiquité ou du Moyen Age, tableaux aux sujets exotiques ou orientaux.

II. POUR TESTER SES CONNAISSANCES.

1°) je sais dater les évènements suivants.

- La création de la CGT.

2°) Je connais la définition des mots suivants.

- Bourgeoisie, ouvrier, exode rural, capitalisme, action, parti socialiste, syndicat, parti communiste, Romantisme, CGT, bourse....

3°) Je connais la biographie de Karl Marx.

- Ses dates : 1818-1883.

- Son milieu d’origine : Karl Marx est le fils d’un avocat, il appartient donc à une famille de la bourgeoisie aisée. Il étudie au lycée de Trèves puis devient journaliste.

-Ses idées politiques : il publie Le Manifeste du Parti Communiste où il exprime sa vision des rapports qu’entretiennent la bourgeoisie et le monde ouvrier. Il condamne la société industrielle et les inégalités qu’elle provoque. Il critique les principes de la propriété privée et défend l’idée d’une révolution du prolétariat européen qui conduirait à la disparition définitive de la domination exercée par les élites financières. Les moyens de production (Machines, usines...) échapperaient alors des mains d’une minorité de nantis et seraient mis au service de l’intérêt commun.

- Après de nombreux voyages qui le conduisent aux quatre coins du monde, il s’éteint paisiblement en Angleterre.

4°) Je sais répondre aux questions suivantes.

Je peux répondre aux questions suivantes en quelques lignes.

- Quelles sont les innovations techniques les plus importantes du XIX° siècle ?

- Pourquoi peut-on dire que les manières de travailler évoluent au cours du XIX° siècle ?

- Quels changements interviennent dans l’économie européenne du XIX° siècle ?

- Pourquoi dit-on que la société industrielle du XIX° siècle est inégalitaire ?

- Qu’est-ce que le capitalisme ?

- Quelles sont les idées du communisme ?

- De quelles manières les ouvriers protègent-ils leurs intérêts face aux patrons ?

- Qu’est ce qu’un parti socialiste ?

- En quoi consiste le Romantisme ?

- De quelle manière les artistes romantiques considèrent-ils la société de leur temps ?

III. POUR TESTER SES CONNAISSANCES.

Plusieurs types de documents peuvent être proposés à la réflexion de l’élève au cours d’un contrôle.

- Des textes : cela peut être le témoignage d’un bourgeois exposant ses valeurs (Celle du travail entre autre...) ou ses conditions de vie. Un ouvrier peut lui aussi prendre la parole et présenter son existence quotidienne. Une comparaison de récits provenant de milieux sociaux différents permet à l’élève de prendre la mesure des profondes inégalités du XIX° siècle. Il peut aussi s’agir d’un extrait de la Charte rédigée par la CGT dans laquelle l’organisation présente ses ambitions et ses moyens de lutte. (Grèves, manifestations...)

- Des graphiques ou des tableaux mettant en lumière la croissance de la production agricole ou industrielle en Europe au XIX° siècle. Il faut alors pouvoir expliquer les chiffres observés à l’aide des connaissances acquises au cours de la leçon : utilisation plus fréquente de nouvelles machines performantes.

- Des affiches : Cela peut être des affiches publicitaires encourageant l’achat de matériel agricole. Les affiches syndicalistes sont un mode d’expression très utilisé par les grandes organisations, à l’image de la CGT. L’élève doit être capable d’y retrouver le message contenu à travers le jeu de symboles.

- Des photographies encore rares en cette fin de XIX° siècle : les locaux d’une usine, une équipe d’ouvriers, une famille bourgeoise, une machine agricole ou industrielle....

- Des œuvres artistiques ou littéraires produites par le mouvement romantique : une toile, un extrait de livre. L’élève doit y relever tous les caractères permettant de rattacher le document proposé au Romantisme : vision pessimiste de l’auteur, exotisme, évasion, extrême sensibilité...

IV LE REGARD D’UN CONTEMPORAIN.

Beaucoup d’écrivains du XIX° siècle ont écrit sur la société de leur temps. Certains ont su exprimer l’angoisse, la peur, le malaise que leur inspiraient les misères ouvrières du temps. (Le poète Charles Baudelaire, auteur Des Fleurs Du Mal ou son confrère Gérard De Nerval qui finit par se donner la mort). D’autres ont préféré peindre à travers leurs romans l’existence laborieuse et pénible des plus démunis. Emile Zola décrit dans Germinal la terrible pauvreté des mineurs du Nord de la France. Dans L’Assommoir, il se fait le témoin de la grande détresse des désespérés qui sombre dans l’alcoolisme pour oublier.

Guy de Maupassant (1850-1893) emploie souvent un ton plus ironique. A travers les dizaines de nouvelles qu’il publie au cours de sa carrière, il se moque cruellement du comportement de ses contemporains.

Il tourne souvent au ridicule les gens de modeste naissance dont la seule ambition est d’entrer au sein de la haute bourgeoisie.

Dans la Parure, une courte histoire composée en 1884, l’auteur retrace la mésaventure d’une jeune femme qui, honteuse de ses origines sociales, s’imagine le temps d’une soirée héritière de bonne famille.

Mathilde Loisel est l’épouse d’un petit fonctionnaire, économe et sans fortune. Elle vit dans un modeste appartement parisien et ne supporte plus son quotidien terne. Elle ne songe qu’aux richesses de la haute société, à ce prestige qu’elle envie tant mais dont elle se trouve dépourvue. La voyant prise d’une immense tristesse, son mari lui obtient une invitation au bal du Ministère. Voulant faire illusion, Mathilde s’achète une nouvelle robe (avec toutes les économies du ménage...) et empreinte à son amie une magnifique rivière de diamants.

La fête est pour Mathilde un immense succès. Elle valse avec de nombreux cavaliers séduits par le charme qu’elle déploie. Mais les meilleurs moments ont une fin et il faut déjà songer à rentrer. Maupassant se moque à l’occasion des efforts désespérés de la pauvre femme pour dissimuler aux convives la modestie de des origines : elle refuse le manteau très ordinaire que son époux lui jette sur les épaules et elle s’enfuit rapidement tandis que monsieur Loisel essaie en vain d’arrêter un fiacre.

Dans la chambre, le drame se produit, Mathilde s’aperçoit qu’elle a perdu son collier. Malgré les recherches entreprises, l’objet demeure introuvable. Il faut alors se résoudre à le remplacer. Le couple en rachète un, identique au premier, pour un prix de 36000 francs. Le petit fonctionnaire du ministère, ne disposant pas d’une telle somme, emprunte ce qu’il faut. Mais il doit honorer les échéances : l’existence du ménage bascule. Les Loisel quittent leur demeure pour une triste mansarde. Pendant que son mari s’épuise à travailler jour et nuit, Mathilde trouve à se faire employer comme domestique. Les rudes tâches que lui impose son activité ont raison de sa beauté, de ses charmes. Elle devient au bout du compte comme toutes ces ménagères parisiennes qu’elle méprisait tant autrefois. Dix ans plus tard, les remboursements sont achevés mais le couple est ruiné.

Or, un jour qu’elle se promène au parc, Mathilde rencontre par hasard son ancienne amie. Maupassant place à cet instant le dénouement de l’intrigue : au cours de la conversation, elle découvre que la magnifique rivière de diamant était fausse et qu’elle ne valait en réalité pas plus de cinq cents francs.

Cette fin, à la fois tragique et comique, donne à l’auteur l’occasion de tourner en ridicule une femme envieuse, ne sachant pas se satisfaire de son quotidien. (Dans son œuvre, l’écrivain n’a jamais été tendre avec le sexe faible...). Au-delà de la mésaventure des deux personnages, c’est toute une attitude fréquente du XIX° siècle qui est critiquée : celle de ces gens, que Maupassant a parfois rencontré au cours de sa vie, qui dissimulent sous une opulence de façade des origines modestes, espérant par cette tromperie grossière entrer dans les cercles fermés de la bourgeoisie....

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