Ce qu’il faut retenir du chapitre sur le monde musulman au Moyen Age

A la fin du VI° siècle, l’Arabie est l’un des grands carrefours commerciaux du Proche- Orient. La péninsule vit pour l’essentiel des échanges que ses populations entretiennent avec le monde perse ou byzantin. De puissantes tribus nomades se rassemblent autour des principaux oasis du territoire et contrôlent des cités influentes (Yatrib, La Mecque....). Chaque année, des caravanes chargées de produits précieux parcourent les grandes routes de la région et fréquentent les plus importants marchés orientaux.
L’Arabie est en partie désertique. Néanmoins, ses rivages méridionaux, au contact de l’Egypte et de l’Ethiopie, bénéficient d’un climat moins rigoureux (C’est l’Arabie heureuse dont parlent si souvent les textes anciens). Par le passé, des civilisations s’y sont installées et développées. Des dynasties ont laissé en héritage les restes de manifiques palais que des fouilles révèlent aujourd’hui encore.

I.Mohammed : les premières années de son existence.

Les historiens n’ont à ce jour trouvé aucune trace archéologique de Mohammed. Pourtant, plusieurs sources évoquent le prophète. D’une part le Coran. D’autre part, les récits d’auteurs arabes composés quelques siècles après sa disparition, les Hadîth.

Les traditions musulmanes placent la naissance de Mohammed vers l’an 570, à La Mecque. Le garçon appartient à une prestigieuse tribu de la cité mais ses parents meurent rapidement. Il est recueilli par son grand- père puis son oncle.
Parvenu à l’âge de l’adolescence, il participe probablement en compagnie des siens à de lointains voyages commerciaux (Jusqu’en Syrie peut être où, selon quelques spécialistes, il aurait pu rencontrer des communautés chrétiennes).

Il épouse à 25 ans une veuve fortunée de La Mecque, Khadîdja. Ce mariage est heureux car il lui offre une situation sociale plus confortable (Dans l’Arabie du VI° siècle, les orphelins sont souvent en position délicate).

II.Mohammed et la Révélation.

Les textes musulmans rapportent les premières expériences mystiques de Mohammed. Bien qu’il poursuive un temps encore ses activités de commerçant, l’homme s’isole peu à peu. Ses retraites spirituelles, toujours plus nombreuses au cours des années, le conduisent sur les pentes du Mont Hira dans une grotte. C’est en ces lieux, selon l’Islam, que l’Ange Gabriel lui apparaît, porteur d’un message. Le prophète reçoit la mission de révéler aux gens de La Mecque les paroles d’Allah.

Néanmoins, les Mecquois acceptent mal les propos de Mohammed. La cité n’entend pas renoncer aux cultes anciens de sa religion. Les dévotions consacrées aux divinités tarditionnelles attirent chaque année un immense pélerinage dont les habitants tirent profit.
Mohammed réussit à convertir quelques fidèles mais les premiers Musulmans (En Arabe, ceux qui sont soumis à l’Islam) endurent de violentes persécutions. Le Prophète choisit alors de quitter la ville.

III.Mohammed et l’Hégire.

Mohammed et ses amis traversent les sables du désert pour s’installer à Yatrib (Devenue ensuite Médine, « La ville du Prophète »). Il conclut un pacte avec la cité et y fonde la première communauté musulmane de l’histoire. Cet événement, l’Hégire (En Arabe, cela signifie « émigration ») indique le début du calendrier de l’Islam (622).

Mohammed organise les rapports entre les Croyants. Les Révélations divines (Qu’il fait inscrire dans le Coran) règlent l’existence de chacun et encouragent de nombreuses conversions. Néanmoins, les tribus juives de Médine considèrent avec beaucoup de méfiance les prédications du prophète. Les hostilités s’agravent et finissent par produire de sanglantes violences.

Mohammed n’est pas seulement homme d’Etat. Il mène aussi contre ses ennemis de La Mecque plusieurs expéditions militaires. Les attaques lancées sur les convois caravaniers chargés de richesses désorganisent le commerce de la ville. Une série de batailles entre Médinois et Mecquois aboutit finalement à la victoire des Musulmans. Mohammed obtient la soumission de ses adversaires .

Il meurt peu après, en 632. A cette date, l’essentiel des tribus bédouines de la péninsule est passé à l’Islam.

IV.L’Islam après Mohammed.

Les premiers successeurs de Mohammed sont les Califes (En Arabe, « les remplaçants »).
Passés à l’Islam de bonne heure, ils poursuivent l’oeuvre du prophète dont ils ont été les fidèles compagnons.

Ils s’appliquent aussi à respecter le principe du Djihad (que l’on traduit aujourd’hui par « Guerre sainte ») et entendent répandre hors d’Arabie les Révélations divines. Les armées musulmanes sont rapidement victorieuses. En quelques années, elles reprennent aux Byzantins une partie des rivages orientaux de la Méditerranée (Jérusalem tombe en 638), l’Egypte (Alexandrie est prise en 642) et pénètrent au coeur de l’empire perse, jusqu’en Mésopotamie.

Au VIII° siècle, les guerriers du Djihad parviennent en Afrique du Nord. Un chef berbère converti franchit le détroit de Gibraltar et s’empare d’une grande partie de l’Espagne (Les Chrétiens se réfugient dans les régions septentrionales de la péninsule). Les Musulmans passent les Pyrénées et essuient un échec sanglant à Poitiers (732). Ils quittent la Gaule mais réussissent à s’imposer dans le Sud de l’Italie et en Sicile.

V.Un empire aux dimensions prodigieuses mais fragile.

Les conquêtes de l’Islam aboutissent à la construction d’un empire immense. La dynastie des Omeyyades (Dont les débuts du règne remontent à la seconde moitié du VII° siècle) étend son autorité de l’Espagne à la Mésopotamie et à l’Egypte. Les souverains ont installé leur capitale à Damas. Ils vivent dans l’opulence.

Les populations de l’empire ne se sont pas toutes converties à l’Islam. Dans les villes et les campagnes, des communautés chrétiennes et juives ont conservé leur religion. En échange d’un impôt, la capitation, elles jouissent de protection et du droit de se consacrer à leurs cultes traditionnels.

Pourtant, de profondes divisions menacent l’unité du monde musulman. Sunites et Chiites se déchirent au cours de longues querelles religieuses. Dans la seconde moitié du VIII° siècle, une nouvelle dynastie, les Abbassides, chassent du pouvoir les Omeyyades dont les derniers représentants sont assassinés. L’un d’eux, Abd-Al-Rahmân réussit à s’enfuir en Espagne où il fonde un état indépendant.

Les Califes abbassides s’nstallent à Bagdad. Ils ont peu de moyens militaires et ne peuvent véritablement contrôler les émirs (Des gouverneurs) qui ont tendance à se comporter sur leurs territoires en souverains indépendants. L’arrivée des Croisés chrétiens à la fin du XI° siècle entraîne la perte de Jérusalem et de la Palestine.

En 1258, les Mongols renversent l’ultime héritier abbasside. L’empire a depuis longtemps éclaté en principautés rivales.

VI.Une civilisation brillante.

La civilisation de l’Islam est brillante. Les savants musulmans ont découvert les héritages de l’antiquité grecque conservés dans les bibliothèques d’Alexandrie ou de Perse. Ils développent plus particulièrement les sciences médicales, les mathématiques ou l’astronomie.
Les commerçants de l’empire fréquentent le lointain Orient d’où ils rapportent les produits les plus exotiques.

Les villes sont très prospères (Bagdad, Damas, Le Caire..) et réunissent des cultures différentes. Les contacts entre Juifs, Musulmans et Chrétiens se multiplient et encouragent les échanges. Les Occidentaux enrichissent leurs savoirs auprès des intellectuels arabes. De nombreux ouvrages, que les érudits s’appliquent à traduire, circulent d’un bout à l’autre de l’empire.