Se préparer à un contrôle sur le régime de Vichy.


SOMMAIRE

I. Ce qu’il faut retenir de la leçon.

II. Pour tester ses connaissances.

III. Quelques exemples de sujets.


I. CE QU’IL FAUT RETENIR DE LA LECON.

L’étude du régime de Vichy ne fait pas l’objet d’un chapitre spécifique. La leçon est intégrée dans la séquence consacrée à la Seconde Guerre mondiale. Après avoir abordé l’Europe sous la domination nazie en 1942, on se penche plus particulièrement sur la France au lendemain de la défaite.

La période du régime de Vichy est l’une des périodes les plus troubles de notre histoire. Soixante ans ont passé depuis la libération du territoire mais les passions se réveillent encore brutalement quand on évoque le nom de Pétain ou de Laval. Le procès très médiatisé de Maurice Papon à Bordeaux il y a quelques temps montre bien que les Français n’ont toujours pas tourné la page de cette sombre époque. Il est donc nécessaire que l’élève de 3eme puisse comprendre les débats et les enjeux que cette période cristallise autour d’elle et dont la presse se fait souvent l’écho au moment des célébrations marquant l’anniversaire des événements les plus tragiques du conflit de 1939.

Le régime de Vichy naît d’une humiliation terrible pour le pays : la déroute en un mois à peine des armées françaises puis l’occupation du territoire par la Wehrmacht. Les Allemands sont à Paris le 14 Juin 1940, le gouvernement s’est replié sur Bordeaux. La situation est exceptionnellement grave, elle ne s’était pas vue depuis 1870.

Désemparée, la population cherche des explications à la défaite mais aussi, et surtout, des responsables. On les trouve rapidement. Les députés sont montrés du doigt et accusés de ne pas avoir su préparer la France à une guerre que l’on savait inévitable. A travers eux, c’est en fait la République qui est désignée comme la grande coupable du désastre. Les Français sont déçus de ce régime pour lequel ils ont versé leur sang sur les pavés parisiens au cours des révolutions du XIXème siècle. Ils lui tournent le dos.

Pour l’heure, la France a surtout besoin d’un sauveur qui lui redonne confiance en l’avenir. Ce sera le Maréchal Pétain, le grand vainqueur de Verdun en 1916, celui que les Anciens Combattants admirent toujours. L’homme est populaire, il le sait. C’est le moment pour lui d’imposer ses choix. De ses opinions politiques, il ne fait aucun mystère : il n’a jamais porté dans son coeur la IIIème République et les principes de 1789. Il entend revenir à des valeurs traditionnelles qui lui paraissent oubliées : la famille, la patrie, la discipline, la terre. Seul un régime autoritaire peut remettre le pays sur pied. Le 10 Juillet 1940, quand il reçoit des députés de la IIIème République moribonde les pleins pouvoirs, c’est une page de l’histoire de France qui semble se tourner.

A la tête d’un régime qui supprime les grandes libertés inscrites dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, qui s’approprie une nouvelle devise (Travail, famille, patrie), Pétain doit aussi gérer les relations qu’il lui faut entretenir avec l’occupant. Il choisit dès le début la voie de la collaboration que la poignée de main adressée à Hitler à Montoire en Octobre 1940 symbolise tristement. Jusqu’à la Libération, Vichy se met au service de l’Allemagne nazie, exécutant scrupuleusement les exigences du Führer, devançant parfois ses directives. La milice travaille avec beaucoup de zèle : arrestations, tortures puis déportations de résistants, de communistes et de juifs. Quand il fait publier les Statuts Juifs, dont la teneur rappelle étrangement celle des lois de Nuremberg, Pétain n’est plus uniquement le chef d’une dictature politique. Il devient le dirigeant d’un régime antisémite.

En 1945, la Libération achevée, et dans un climat de guerre civile, les hauts dignitaires de Vichy comparaissent devant les tribunaux de la République restaurée. Pétain sauve sa tête de justesse mais son ministre Laval n’échappe pas au peloton d’exécution. Tous ceux qui passent à la barre se bornent à justifier la collaboration qu’ils ont accepté : collaborer avec l’ennemi pour adoucir le sort de la France vaincue et limiter les exigences de Hitler. Aujourd’hui encore, cette interprétation des évènements suscite bien des débats et des polémiques entre historiens.

II. TESTER SES CONNAISSANCES.

1) Je peux donner la définition des mots suivants.

Régime de Vichy, milice, collaboration, STO.

2) Je peux donner la date des évènements suivants.

  • La France capitule face à l’Allemagne.
  •  Pétain obtient les pleins pouvoirs.

3) Je connais la biographie de Pétain.

  • Ses dates : 1856-1951.
  • Sa carrière militaire : général pendant la première guerre mondiale, grand vainqueur de Verdun en 1916, il met un terme aux mutineries de 1917.
  • Sa carrière politique : ambassadeur en Espagne pendant les années 1930, il obtient les pleins pouvoirs en Juillet 1940 et installe le régime de Vichy.
  • Il collabore avec l’Allemagne jusqu’à la libération du territoire en 1944.
  • Arrêté, emprisonné, il est jugé pour haute trahison en 1945. Condamné à mort, le général De Gaulle le gracie et l’envoie en détention perpétuelle sur l’île d’Yeu où il meurt en 1951.

4) Je peux répondre aux questions suivantes en quelques lignes.

  • Dans quelles circonstances s’installe le régime de Vichy ?
  • Pourquoi dit-on que le régime de Vichy est une dictature politique ?
  • Pourquoi dit-on que le régime de Vichy est un régime antisémite ?
  • De quelle manière le régime de Vichy collabore-t-il avec l’Allemagne nazie ?

III. QUELQUES EXEMPLES DE SUJETS.

Plusieurs types de documents peuvent faire l’objet de questions au cours d’une épreuve écrite. Des textes : des extraits de journaux d’époque montrant que le régime de Vichy contrôle la presse : antisémitisme, anti-communisme, propagande en faveur de la collaboration, du STO ou des Nazis. Cela peut-être aussi quelques articles tirés du Statut des Juifs mettant là aussi en valeur l’aspect antisémite du régime de Vichy.

  •  Des affiches de propagande indiquant les valeurs défendues par le régime de Vichy ou bien critiquant les principes de la démocratie et du parlementarisme. Le Maréchal Pétain peut y être représenté : la propagande n’oublie pas de valoriser son action politique.
  • Des discours : ceux du Maréchal annonçant la capitulation de la France ou la mise en place du nouveau régime. Cela peut être aussi le discours d’un ministre (Pierre Laval, Doriot) à travers lequel on découvre les aspects autoritaire, antisémite et collaborationniste du régime.
  • Des photographies : le cliché de la poignée de main de Montoire entre Hitler et Pétain est célèbre parce qu’il symbolise à lui seul la voie de la collaboration choisie par l’Etat de Vichy.

Les sujets de paragraphe argumenté sur cette leçon ne sont pas nombreux.

  •  "Le régime de Vichy : ses aspects, son programme politique"
  • "La vie des Français sous le régime de Vichy"
  •  "Le régime de Vichy : son installation, sa disparition"